Non non, ce n'est pas un article sur le climat du Niger (je ne le connait pas encore assez) mais sur l'autre sens du mot "chaud" (n'ayez pas l'esprit mal placé!). Je parle évidemment de la situation politique ici, qui est, comme vous le savez peut-être puisque vous vous inquiétez pour moi ^^, plutôt tendue entre l'armée gouvernementale et la guérilla Touareg au Nord.
Je commence juste à entrapercevoir la complexité du problème et je vais tenter de vous l'exposer (en 10 minutes, 2 parties 2 sous parties ? NON).
Il était une fois un pays très gentil qui s'appelait Niger (et oui, le pays des nègres...) en fait non, il ne s'appelait pas encore Niger, c'est quand les européens sont arrivés qu'ils se sont dit "Oulala, tous ces noirs ici !!!" et donc ils l'ont appelé le Niger.
Ce qu'il faut savoir pour comprendre les enjeux :
À partir du XIe siècle, les Touaregs arrivent par vagues dans l'Aïr et commencent à lancer des raids sur les sédentaires du sud (c'est pas tout neuf comme problème quoi). Il y a toujours eu des problèmes entre les nomades éleveurs et les sédentaires cultivateurs.
Le Niger devient une colonie française en 1922.
Il accède à l'indépendance le 3 août 1960.
Alors que pendant la colonisation le territoire Touareg (Sahara) était ouvert, des frontières viennent s'y ériger. Les Touaregs espèrent pouvoir obtenir un statut spécial d'autonomie mais rien n'est fait.
En 1984, une grave famine touche le Nord du pays, en particulier les zones occupées par les pasteurs nomades et de nombreux Touaregs nigériens se réfugient en Algérie et en Libye.
Depuis la fin des années 1980, les Touaregs réclament un partage des richesses plus équitable et une guérilla sporadique ensanglante l’Aïr, des accords de paix existent mais sont toujours remis en question.
En Mai 1990, des affrontements entre des réfugiés touaregs rapatriés de Libye et l'armée éclatent. La répression fait de nombreux morts.
En Juin 1991, des groupes armés touaregs issus des communautés réfugiées en Libye engagent une offensive contre les forces gouvernementales dans le nord du pays.
Pendant ce temps le pays est politiquement instable, des constitutions sont signées, les militaires reprennent le pouvoir...
En 1997-1998, la crise économique causée par la chute des cours de l’uranium entraîne un profond malaise politique (dissolution du gouvernement), des grèves de fonctionnaires et d’étudiants et des mutineries dans l’armée qui vont en avril 1999 déboucher sur la chute du président Baré, assassiné par ses propres gardes, sur l'aérodrome de Niamey.
En novembre 1999, Mamadou Tandja (le président actuel), ex-militaire et leader du MNSD NASSARA, l'ex-parti unique, est élu "démocratiquement" à la tête du pays pour un mandat de 5 ans avec 60 % des suffrages exprimés, contre le leader du PNDS TARRAYA Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme Mahamadou Issoufou.
Récemment, des groupes armées touaregs ont attaqués au Nord des garnisons et le camp de prospection d'Areva. Des "coupeurs de route" sévissent dans la régions, le gouvernement accuse les Touaregs qui nient.
En gros la question c'est : Les touaregs du MNJ (mouvement des nigériens pour la Justice) sont-ils des résistants ou des terroristes ?
Les enjeux sont nombreux puisque dans le Nord, sur le territoire non-officiel des Touaregs c'est justement là où on trouve l'uranium. Il y a donc des tensions avec les français (AREVA), mais il y a aussi des tensions avec la Libye qui voudrait bien affirmer son autorité sur la région.
Certains disent que les touaregs sont des salaud parce qu'ils ont minés la région ce qui est dangereux pour la population. D'autres affirment que c'est l'armée qui a miné et que certains militaires sautent parce que l'etat-major n'a pas révélé aux garnison où sont les mines à cause des fréquentes désertions.
Il y a aussi des rumeurs sur l'état de santé du Président Tandja qui ne dirigerait plus rien, d'autres dans l'ombre tireraient les ficelles.
En plus les ethnies majoritaires (Djerma, Haoussa...) ont vraiment tendance à mépriser les éleveurs nomades (Peuls, Touaregs...). enfin moi j'aimerai pas trop quoi...
On se sait plus qui croire, entre le MNJ qui revendique bien sûr une cause juste et un gouvernement qui enferme des journalistes (et bien d'autres...) en les accusant de "connivence", qui espionne, qui écoute. Qui sont les gentils? Qui sont les méchants? Qui a tiré le premier?
Ici on ne peut pas parler de n'importe quoi avec n'importe qui...